La CGT Educ'action Bretagne siege dorénavant au Conseil consultatif de la Formation Continue. Celui-ci s'est réuni le mardi 4 mai à Rennes.
A lire ci-dessous les questions que nous avons posées au Recteur et le compte rendu de la réunion
Objet : Conseil Consultatif de la Formation Permanente
du 4 mai 2010 / Question Diverses.
Monsieur le Recteur,
Au nom de l’Ursen-CGT de Bretagne, j’ai l’honneur de vous transmettre des questions posées par les personnels
des GRETA ainsi que par notre organisation syndicale.
Elles concernent la situation faite aux salariés, la mise en place du logiciel PROGRé et l’avenir des GRETA
dans un cadre de concurrence généralisée.
1/ CONTRATS, REMUNERATION ET MANAGEMENT DES SALARIES
La situation des salariés des GRETA apparaît spécialement préoccupante en ce qui concerne certains contrats,
la rémunération des heures et le management.
A / LES CONTRATS A 70 %
Les contrats à 70% entraînent de la précarité, génèrent des
salariés pauvres et créent une discrimination sexiste. Ce sont en effet des femmes qui sont principalement concernées. Un salaire de 800 € pour élever seule 2 ou 3 enfants
ne permet pas de vivre.
En tant qu’employeur, l’Académie de Rennes a une responsabilité sociale. Pourquoi limiter ces contrats à
cette quotité de 70% ? Peut-on tolérer que, même non titulaires, des fonctionnaires subissent un temps partiel non choisi et ne puissent en conséquence pas même percevoir un modeste
SMIC ?
Les besoins sont réels, pourquoi ne pas envisager des temps complets ?
B/ LA REMUNERATION
Le plus grand arbitraire règne sur la rémunération des salariés des GRETA. Pour certaines actions, ils
sont payés heure pour heure (FFP). Pour d’autres seulement à 0.46 pour une heure (AA). En prestation « Pôle Emploi », la prise en charge d’un groupe est rémunérée à 0.46 du salaire
horaire. Les salariés signalent des retards importants, voire des « oublis » de paiement d’heures faites.
Ne serait-il pas possible de parvenir à des règles justes et claires concernant la prise en compte des heures
et leur rémunération ?
Le salaire des contractuels en CDI stagne. Certains sont au même indice depuis de très nombreuses
années.
Ne pourrait-on envisager une progression des rémunérations pour les salariés en
CDI ?
C/ LE MANAGEMENT
Nos différents contacts avec les agences font apparaître un flou proche de la désorganisation dans la gestion
des actions de formation. Un salarié peut se voir signifier le vendredi l’annulation d’une action prévue le lundi suivant. Angoisse : la semaine est perdue. Dans le cadre de l’annualisation,
comment mettre à jour son compteur d’heures ? Cette incertitude insécurise les salariés et crée de la souffrance au travail.
Quelles mesures comptez-vous prendre pour mettre fin à ces situations et au préjudice qu’elles causent
aux salariés ?
2/ PROGRé
La charge de travail explose avec la refondation des GRETA.
S’ajoute à cela la mise en route de PROGRé. Ce logiciel de gestion centralisée exige que tous les éléments soient parfaitement renseignés. C’est une charge de travail importante
pour les agences.
Elle entraine un stress croissant des équipes.
Deux CFC du Finistère sont en arrêt de travail. Dans les agences, le personnel administratif est "au bout du rouleau". Des démissions sont dans certains cas envisagées.
De plus ce surcroît de charge fait que certaines fonctions
importantes pour le développement des Greta ne sont plus suffisamment assurées, en particulier l’assistance commerciale.
Ce progiciel est très critiqué. Il est inadapté à la formation continue… mais on
continue à investir de l'argent (équipement informatique, réseau, mise à jour logiciel...) pour un résultat qui est loin d’être ce que l'on attendait. Sans personnel dédié, il crée une
charge de travail trop importante sans assurer la clarté de gestion escomptée.
Quelles solutions envisagez-vous de prendre pour mettre fin à cette situation préoccupante ?
3/ L’AVENIR DES GRETA
Le personnel s'interroge sur l'avenir des Greta et sur la pérennité des emplois.
Quelle place, quelle complémentarité, quelle situation de concurrence avec l'AFPA ?
La Région ouvre désormais les marchés publics aux entreprises privées. Le prix de revient devient le premier
critère de choix.
Dans ces conditions, quel avenir le service public de la formation
continue conserve-t-il ?
Les chômeurs, c’est ainsi qu’ils se désignent eux-mêmes sans langue de bois technocratique, protestent contre
l’exploitation de ce marché que constituent désormais pour certaines entreprises les salariés privés d’emploi.
Ne conviendrait-il pas de revenir à un vrai service public, garant de l’intérêt général, de celui de ses
salariés et de ses usagers ?
Toutes ces questions suscitent de graves inquiétudes. Des réponses doivent être apportées aux salariés des
GRETA qui, tout en ayant le sentiment de beaucoup donner et de peu recevoir, subissent de plein fouet la règle du moins disant.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Recteur, mes respectueuses salutations.
Pour l’URSEN-CGT
François-Philippe LECOULANT
Compte rendu du Conseil consultatif de la Formation Continue
Rennes, le 4 mai 2010,14H-17H.
Contrairement au précédent conseil boycotté par les tous les syndicats sauf l’UNSA un en raison de son
absence, le recteur préside. Il ouvre la séance, rappelle le cadre concurrentiel de l’activité des GRETA et ne prend pratiquement plus la parole jusqu’à la clôture. La FSU fait une déclaration
préalable, la CGT a envoyé des questions écrites.
M. Meyriaux, délégué académique à la Formation Professionnelle Initiale et Continue (DAFPIC), lit les
différents rapports et répond aux interventions en s’appuyant sur ses spécialistes.
Le DAFPIC se félicite de la progression du chiffre d’affaire. Cela démontre pour lui que la fusion des
GRETA n’a pas eu de conséquences fâcheuses. Il souligne les économies d’échelle et les synergies rendues possibles par la fusion. L’affichage des compétences et expériences des personnels
serait de plus en plus nécessaire à l’obtention des marchés par appel d’offre.
Il dénonce la rumeur de constitution d’un GIP pour structurer les GRETA. Selon lui, la discussion est
toujours en cours. Rien n’est encore décidé.
A notre question concernant les rémunérations, il nous est répondu que les grilles B et C pourraient être
débloquées. Les contrats à 70% seraient rendus inévitables par la loi de 84. L’Administration concède l’injustice de la situation mais se déclare impuissante. Les personnels sont invités à
engager une démarche de VAE afin d’être intégrés en catégories A, qui permet des contrats à 100%. Les 70% sont toutefois «CDIsables » dans cette quotité.
Des proviseurs expliquent qu’un document précisant la rémunération en FFP ou en AA a été élaboré. Il
devrait permettre de clarifier les conditions de rémunération.
M. Lamprière fait le point sur les personnels des GRETA, il commente des diapos PowerPoint sur papier. Sur la
période 2008-2009, 205 enseignants, 140 administratifs, diminution des emplois gagés, augmentations du nombre de contractuels, progression des embauches d’administratifs à 70%, progression des
embauches d’administratifs en catégorie A. Une centaine de CDI sur le réseau breton. Le rectorat se propose de développer une « culture d’entreprise » Education Nationale.
Notre question concernant le management, avec à Brest la suppression d’une action de formation du vendredi au
lundi, laisse l’Administration sans voix. Nous insistons sur le caractère brutal de telles pratiques.
PROGRé, progiciel GRETA, fait l’objet d’une longue discussion. L’Administration souligne ses attentes et la
nécessité de sa mise en place. Le stress que nous dénonçons est mis sur le compte de « la résistance au changement ». Une agent-comptable présente confirme cependant les
difficultés : manque de souplesse, difficultés d’accès et de manipulation d’un logiciel peu intuitif, problèmes dus aux défaillances de connexion internet, manque d’interlocuteurs en
« hot line ». Les techniciens présents rappellent qu’ils sont prêts à répondre aux demandes d’assistance.
Pour l’administration, l’avenir des GRETA est au développement dans toutes les directions possibles. Il
convient de répondre à toutes les demandes, y compris à celle de Pôle Emploi concernant les chômeurs. Nous rappelons les manifestations de chômeurs contre l’autoritarisme croissant dans
l’injonction de retour au travail.
Un point est fait sur la VAE dans l’académie.
Les mesures de carte sur poste gagé permettent de bénéficier des mêmes avantages que pour les autres postes
d’enseignant.
Le recteur clôt la séance en constatant la « densité » des débats.
Pour conclure ce compte-rendu CGT : beaucoup de questions sans réponse, une certaine désinvolture envers
les personnels. Il faudra monter au créneau !
Pour l’URSEN CGT,
François-Philippe LECOULANT