La CGT Educ’action 29 a tenu son congrès départemental le vendredi 11 février 2011 à Pont de Buis. Dans une
ambiance conviviale et fraternelle, les 55 congressistes ont débattu toute la journée de la situation sociale et des perspectives en termes de revendications et d’actions.
Les attaques contre le service public d’éducationont évidemment été au cœur des discussions. L’emploi, les conditions de travail despersonnelset d’étude des jeunes mis à mal par l’autonomie grandissante des établissements,l’introduction des techniques managériales
issues du privé ont été largement débattus par l’ensemble des participants. Ceux-ci ont réaffirmé avec force leur volonté de combattre pied àpied les politiques libérales de régression du
système éducatif et de porter un projet d’école émancipateur qui réponde aux besoins sociaux. C’est ainsi que le congrès a décidé une actiondans les jours qui viennent
vers les représentants locaux de l’UMP pour dénoncer la casse de l’école que le gouvernement met en
œuvre.
Tous les camarades présents ont exprimé leur détermination à s’engager dans la
préparation des prochaines élections professionnelles qui auront lieu en octobre prochain et ont indiqué leur implication dans l’organisation de notre
congrès national qui aura lieu en juin dans le Morbihan.
A l’issue de la journée, les différents textes ont été adoptés et une nouvelle direction a été élue alliant
continuité et renouvellement. De nouveaux camarades ont ainsi intégrés la commission exécutive et le secrétariat départemental. Enfin, le congrès a élu Laurent Wendeling
nouveau Secrétaire Général du syndicat.
A quoi servent les palmes académiques, la plus haute distinction honorifique de l’Education nationale ? A rien dans
la vie courante. Sauf à les utiliser comme le font 47 professeurs, directeurs d’écoles, principaux de collèges ou proviseurs de lycées dont une grande partie à la retraite qui ont décidé de
renvoyer leur décoration en lançant "L’appel des 47" contre la politique éducative actuelle, dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo.
Dans cet appel ils écrivent : "Nous constatons aujourd’hui, avec une infinie tristesse, que l’Education
nationale souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique ou sociale". Les signataires s’inquiètent principalement des suppressions de postes d’enseignants, et protestent contre la prime aux
recteurs, la remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans et les politiques concernant la formation des enseignants et la carte scolaire.
La politique du gouvernementSarkozy impose à notre système
éducatif une pression considérable. L'argumentaire gouvernemental qui consiste à faire croire qu’il est possible de faire mieux avec moins est spécieux. La politique éducative qui est conduite aujourd'hui
est principalement la conséquence de la volonté gouvernementale de réduire les dépenses publiques pour satisfaire à la demande des marchés financiers. L'ampleurde postes dans l’Éducation,
avec plus de 16 000 postes à la prochainerentrée,alorsque 62 000 élèves supplémentaires sont
attendus,continuera à dégrader les conditions d'étudesdes élèves et de travail des
personnels. Les
transformations radicales qui sont mises en œuvre créent une école de plus en plus inégalitaire et ségrégative qui sera de moins en moins capable d’assurer la réussite de tous les
élèves. L’échec
scolaire persistant, les sorties sans qualification du système éducatif de trop nombreux jeunes, vont malheureusement encore s'accentuer. C’est une autre politique, d’autres moyens, une autre
dynamique à tous les niveaux du système éducatif qu’il faut mettre en œuvre. La CGT Educ’action estime que les enjeux nécessitent une réaction unitaire
forte. Elleappelle tous les personnels de l’Éducationà être engrève le 10 février prochain. Elle dénonce les suppressions de postes, l’ouverture de discussions sur les
réformes en cours (formation des enseignants, lycée, voie professionnelle, dispositif ÉCLAIR, projet de fusion de corps) et sur la mise en place d'un plan de titularisation sans condition de
concours ni de nationalité pour les personnels non titulaires.
La CGT Éduc’action a été reçue en audience le lundi 31 janvier par les services du ministère à propos du dispositif CLAIR, récemment étendu aux écoles sous le nom d’ÉCLAIR (École, collège, lycée
pour l’ambition, l’innovation et la réussite). Après avoir réaffirmé son opposition à un dispositif qui ne vise qu’à déréguler un peu plus le système éducatif, la CGT Éduc’action a souligné le fait que ce dispositif,
apparu suite aux États généraux de la Sécurité de juin dernier, a, aujourd’hui, la volonté de se substituer aux dispositifs relevant de l’éducation prioritaire (par le biais des Réseaux Ambition
Réussite). Cela établit ainsi un lien très discutable entre violences scolaires et difficultés du même ordre. Le ministère a confirmé que la labellisation "CLAIR" ne se fera
qu'avec l’avis des Conseils d'administration des établissements du second degré. Mais il a rappelé immédiatement que la gestion des ressources humaines (dont les affectations) sont de la
compétence des recteurs et que ceux-ci pourront profiler des postes. La CGT Éduc’action a insisté pour que les établissements dont les Conseils d’administration se sont
prononcés ou se prononceraient majoritairement contre ce dispositif (c’est le cas notamment dans les académies de Créteil et d’Aix-Marseille), n’aient pas à le subir : c’est un respect minimum
des règles démocratiques. Quant à l’extension au premier degré, elle ne devrait concerner que le volet pédagogique (l’équivalent du contrat de réussite RAR), mais sans préfet
des études ni profilage de postes. Au total, sous prétexte de l’extinction du dispositif RAR, le ministère impose une nouvelle vision de l’éducation prioritaire, dont le moins
qu’on puisse dire c’est quelle manque d’ambition. Sous prétexte d’un saupoudrage actuel des moyens (mais qui en est responsable ?) , seuls quelques établissements feraient
désormais l’objet "d’attentions particulières". Enfin, sans attendre le moindre bilan de l’expérimentation, le dispositif CLAIR est généralisé.
La CGT Éduc’action appelle donc les personnels à refuser le dispositif CLAIR dans les Conseils d’administration, à être attentifs à ce que les postes
vacants ne soient pas profilés par les recteurs et à ce que les référents RAR actuels soient maintenus dans les établissements. Elle appelle de ses vœux une vraie réflexion sur l’éducation prioritaire en France, réflexion d’autant plus nécessaire, les évaluations PISA viennent malheureusement
de le rappeler une nouvelle fois, que la France est l’un des pays où le parcours scolaire est le plus marqué par l’origine sociale.