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Lycéens sans papier : Pour le retour de Mohamed Abourar
Appel de Médiapart " Nous ne débattrons pas "
Appel pour la suppression du ministère de l'identité nationale
Non à la réforme du lycée :
Appel contre la suppression de l'histoire-géo en TS
Formation des maîtres : Enseigner est un métier qui s'apprend
« ZERO SANCTION » pour Thérèse-Marie Cardon !

Arnaque dans la communication
ministérielle.
En effet en proposant de supprimer l’échelonnement indiciaire de début de carrière (1er et 2è échelon actuel), correspondant à l’ année de stage de l’enseignant recruté, aujourd’hui après la licence, Luc Chatel peut afficher une augmentation de salaire moyenne pour les nouveaux enseignants masterisés de 212 € par mois. Mais si on compare la situation présente, avec celle que propose Chatel, en y intégrant le nouveau mode de recrutement, les calculs ne sont pas du tout les mêmes.
Prenons la situation actuelle d’un collègue admis au concours en juin
2009, avec une licence obtenue en juin 2008.
Ce collègue effectue sa 5ème année post bac en étant payé fonctionnaire stagiaire. Il perçoit sur cette 5ème année de formation (à l’IUFM) un salaire de 1 603 € brut pendant 3 mois ( 1er échelon,indice 349), puis un salaire de 1 727 € pendant 9 mois (2è échelon, indice 376). L’année suivante il percevra un traitement sur 12 mois au 3è échelon (indice 395) soit 1 814 €. Globalement il aura perçu sur l’année équivalente au M2 et l’année d’après 42 120 € brut sur 2 ans.
Prenons maintenant la situation qui serait celle d’un collègue « masterisé » et « revalorisé », selon la méthode Chatel.
Avant le concours en M2 il ne perçoit, au mieux, que 3000 € s’il effectue les 108 heures en établissement,
puis un traitement « d’enseignant revalorisé » de 404 points d’indice (395+9) pendant 12 mois ( à l’IUFM ?). Cela correspondrait au 1er échelon de la
nouvelle grille qui au passage supprime l’accélération de début de carrière des enseignants obtenus en 1990 !
Sur une période de 2 ans, cet enseignant aura donc perçu : 3000 + 12 x 1 855 = 25 260 € brut.
Bilan : 25 260 – 42 120 = -16 860 €
Cette « revalorisation » va se poursuivre jusqu’à l’échelon 4 (anciennement échelon 6)
nous direz vous. Faisons le calcul. Il bénéficiera de 9 points pendant 2 ans 4 mois (échelon 2), de 8 points (échelon 3) pendant 2 ans 11 mois et de 4 points pendant 2 ans 11 mois (échelon 4)
soit en tout une augmentation de 3 125 € brut sur 8 ans ….
Au final sur les 10 ans qui suivent sa réussite au concours (fin M1 aujourd’hui) ou en M2 demain, un enseignant aura perdu, malgré la « revalorisation », : 16860 – 3125 = 13 725 € .
Vous avez bien lu, la masterisation et la revalorisation vont se traduire, pour les futurs enseignants, par une perte globale de 13 725 € sur les 10
ans qui suivent l’année de M1 !
Il y aura des miettes de miettes, pour les autres enseignants, avançant à l’ancienneté, qui risquent d’être dépassés par les nouveaux, avançant au grand choix. Cela concernera quelques milliers de
collègues pour 30 ou 40 € pendant un ou deux ans avant le 6ème échelon actuel…des broutilles au regard des économies réalisées par l’état sur le dos des enseignants masterisés !
Quelques miettes aussi pour ceux qui font des heures supplémentaires (très légère augmentation du tarif de l’heure sup).
Sans même aborder la question de la retraite et de l’année ainsi supprimée dans le décompte des annuités…. Là aussi le gouvernement va engranger le bénéfice de la masterisation vue par Darcos/ Chatel.
A l’évidence, la reconnaissance des qualifications et le rattrapage des pertes de salaire cumulées depuis 20 ans ne pourront se faire sans une lutte englobant l’ensemble des salariés, du public et du privé.
Contre les nouveaux décrets "EDVIGE" publiés le 18 octobre dernier, le Collectif « Non à EDVIGE » appelle les
citoyens et les organisations à se remobiliser.
Première action proposée: signez la nouvelle pétition lancée par le Collectif (texte ci-dessous).
Le rapport du Haut Conseil de l’Education sur l’enseignement professionnel vient d’être remis au président de la République. Un communiqué de l’Elysée a dit clairement que les propositions que contenait ce rapport avaient l’assentiment du président… Il est donc important que les camarades de la CGT Educ’action en prennent très rapidement connaissance !
Ce rapport de 37 pages, joint à l’envoi CNU, fait un constat de la situation de la voie professionnelle avec lequel, comme d’habitude, nous partageons certains aspects, mais pas tous loin de là.
Le HCE fait 7 propositions.
Ces propositions sont loin d’être marginales, pour certaines d’entre elles, et sont très éloignées de nos repères revendicatifs pour la plupart d’entre elles, c’est le moins que l’on puisse dire.
Si certaines d’entre elles étaient reprises par le ministre de l’Education, notamment celle sur les CAP, cela constituerait une inflexion considérable en matière de développement de l’apprentissage.
La proposition sur le premier trimestre d’orientation en seconde professionnelle pose des problèmes de faisabilité très importants (que font les élèves venant de SEGPA ? Que font les élèves lorsqu’il n’y a pas les 2 niveaux CAP, BAC dans l’établissement ?). Des expériences ont été menées dans certains établissements, il faut d’abord en prendre connaissance et connaître les premiers bilans.
Recommandations du HCE
Tous les élèves iraient vers une classe de seconde (générale, technologique ou professionnelle) sous statut scolaire ou contrat d’apprentissage.
Le premier trimestre de la seconde professionnelle serait un temps d’observation préparatoire à l’orientation CAP ou BAC Pro. Des places seraient réservées dans les sections CAP pour les élèves de SEGPA sans que l’on sache exactement si les CAP seraient mis en place dès la rentrée pour ces élèves.
La deuxième année de CAP se ferait uniquement en apprentissage. Ainsi il n’y aurait plus aucune formation CAP sous statut scolaire ! Cette proposition est à l’opposé de ce que nous voulons !
Les lycées professionnels devraient d’une manière générale offrir plus de places en apprentissage (y compris pour les sections de Bac Pro : c’est le développement des UFA auquel nous sommes totalement hostiles).
Le maintien à long terme du BEP, comme certification intermédiaire, n’est pas cohérent avec l’esprit de la réforme (supression du niveau V ?)
Les dispositifs nécessaires à l’accueil des bacheliers professionnels dans les STS ou les IUT doivent se développer. (On est favorable bien entendu)
Il est nécessaire de faire un bilan sur la labellisation « lycée des métiers », bilan à ce jour non réalisé. Le rapport préconise d’exploiter au maximum les potentialités de cette labellisation (évidemment avec sa partie « élèves apprentis accueillis en LP ») pour aller vers 50 % des lycées professionnels labellisés en 2010.
Le HCE recommande que la « voie professionnelle soit pensée comme une école d’entrepreneurs » !!! (Il y a longtemps que ces 9 « sages » n’ont pas mis les pieds dans une classe de LP !)
a) Le Conseil pédagogique des LP, SEP doit intégrer des formateurs du milieu professionnel (tuteurs d’élèves, maîtres d’apprentissage).
b) Le Président du CA doit éventuellement être choisi parmi des professionnels extérieurs au lycée (loi du 23 avril 2005).
c) Il faut augmenter le nombre de professeurs associés (voir lycée des métiers).
Les formateurs de la voie professionnelle doivent posséder une expérience directe et récente de l’entreprise et des compétences d’enseignement.
Le constat de la voie professionnelle
En plus d’éléments statistiques connus, toujours bien d’avoir en mémoire, il est noté que 31 % des élèves entrant en seconde professionnelle n’ont jamais redoublé. C’est un phénomène nouveau lié au fait que, à l’école comme au collège, il n’y a que très peu de redoublement par rapport à la situation d’il y a dix ou 20 ans. Les élèves qui « s’orientent » vers l’enseignement pro sont donc plus jeunes. Cela pose de réels problèmes aussi bien pour la gestion des classes (manque de « maturité »), que sur leur « choix » d’orientation (CAP, Bac , quelle filière ?), que pour les PFMP.
Les entreprises ne se bousculent pas pour accueillir des élèves si jeunes. Pour certaines, les règles de sécurité leur interdisent même cet accueil (dans la chimie, il faut avoir 18 ans).
Le rapport s’interroge sur le maintien d’un BEP dans certains secteurs, par exemple celui « administratif-comptabilité » qu’il qualifie d’absurde, et s’interroge même sur le baccalauréat de ce même secteur. Rappelons qu’une partie importante des élèves de la voie professionnelle se trouve dans cette filière !
Concernant l’affectation des élèves, le rapport dit « En outre, beaucoup de jeunes se retrouvent à la rentrée dans une spécialité de formation qui ne correspond pas à leurs voeux, car l’affectation s’effectue selon une logique de remplissage, souvent indépendante du projet de l’élève, comme si les spécialités étaient interchangeables ». Evidemment nous partageons ce constat et nous dénonçons cette situation.
De même, « si la finalité de l’enseignement professionnel est de mener tous les jeunes à un emploi, il lui revient donc d’assumer « la prise en charge des enfants dont les résultats, et parfois l'attitude, sont considérés comme incompatibles avec les exigences du lycée général et technologique ». Cette mission incombe davantage aux lycées professionnels qu’aux CFA dans la mesure où la plupart des employeurs n’acceptent pas comme apprentis les jeunes les plus difficiles. »
Le rapport constate également « De plus, des discriminations raciales et sexuelles existent à l’embauche, et excluent donc un certain nombre de candidats à l’apprentissage. La Charte de l’apprentissage (2005) appelle les employeurs à promouvoir la mixité et à respecter la diversité de la société : les jeunes gens d’origine immigrée sont sous-représentés dans l’apprentissage, même dans les secteurs déficitaires ; et la proportion de filles plafonne à 30 %, ce qui n’est pas le cas en lycée professionnel. Les formations sous statut scolaire permettent ainsi l’accès à la voie professionnelle à ceux qui ne trouvent pas d’entreprise pour un apprentissage. »
A partir de ces constats, comment peut-on envisager une formation CAP qui soit totalement délivrée en apprentissage ? Cette proposition du HCE est totalement contradictoire avec la situation décrite sur l’apprentissage dans ce même rapport !
Le HCE revient ensuite sur l’articulation entre les politiques ministérielles et régionales en matière d’enseignement professionnel. La réforme du Bac pro 3 ans est un bon exemple de ce qu’il ne faut pas faire puisque les décisions ont été prises unilatéralement par le ministère, alors que les régions étaient directement concernées par la mise en œuvre au niveau des équipements des sections et du PRDF.
En ce qui concerne la « formation » en entreprise, que cela soit sous statut d’apprenti ou dans le cadre de l’alternance sous statut scolaire, le rapport dénonce les insuffisances. Le HCE préconise également un investissement important, à l’intérieur de la Fonction publique, pour développement de l’apprentissage.
Pour le HCE, la cohérence de leurs propositions va de pair avec le développement du lycée des métiers qui correspond tout à fait au modèle proposé. Modèle que nous refusons, tant sur son contenu, que sur le principe même de labellisation qui renforce la concurrence entre les établissements.
Alain Vrignaud,
Secrétaire national, animateur pôle FTP
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