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Déclaration au CSE au nom de la CGT et de la CGT Educ’action
Le CSE d’aujourd’hui fait suite aux déclarations du premier ministre la semaine dernière et au sommet social de lundi. Une fois encore rigueur et austérité sont annoncées, une fois encore salariés et retraités en seront les victimes alors qu’ils n’ont pas à payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Les dépenses publiques seront gelées entraînant baisse des effectifs et réduction des moyens des services publics. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite entraînera la suppression de 34 000 postes par an dont encore 16 000 à l’Éducation nationale. Des dispositifs coûteux comme la défiscalisation des heures supplémentaires ne sont pas remis en cause, alors qu’ils détruisent des emplois. La CGT revendique une véritable révision des politiques publiques qui doivent être favorables à l’emploi, à l’amélioration des moyens des services publics, à la réduction des inégalités sociales et à l’amélioration du potentiel productif du pays. Les emplois de demain dépendent des investissements faits aujourd’hui dans la formation, la qualification, la recherche.
Les réformes successives à l’Éducation nationale ont un unique point commun « faire des économies » en rognant sur le moindre dixième d’équivalent temps plein. La formation des futurs enseignants en est un exemple criant. Depuis le début, cette réforme fait l’unanimité contre elle. Universités, IUFM, parents d’élèves, organisations syndicales, tous dénoncent les conditions de mise en œuvre de la formation des stagiaires qui deviennent maintenant « une ressource », un « stock » et qui seront affectés sur des « berceaux » à temps plein, sans formation, dès la rentrée. Les parents d’élèves ont toutes les raisons de s’inquiéter de la continuité pédagogique entre les différents intervenants qui vont défiler devant leurs enfants : « bébé-professeur », sa « nourrice-tuteur », quelques « baby-sitter » étudiants en master et, en cas d’absence de l’un d’entre eux, quelques « camarades de jeu » supplémentaires : TZR, contractuels ou vacataires. La formation due aux stagiaires est morcelée et bradée. Pour arriver au total de 216 heures, n’importe quoi est décompté comme de la formation : journée d’accueil administratif, visite du tuteur. Peu d’académies sont capables de présenter un plan de formation cohérent pour la durée totale de l’année scolaire. La plupart des prévisions sûres ne vont pas au-delà de la Toussaint. Tous les métiers s’apprennent, celui d’enseignant aussi. Les jeunes collègues devraient avoir acquis la maîtrise des 10 compétences au moment de la titularisation mais probablement par science infuse. Pour la CGT, la formation est un droit dès l’entrée dans le métier et tout au long de la carrière. La formation doit être comptée comme du temps de travail.
Les effets des suppressions d’emplois des dernières années se font sentir chaque jour : dégradation des conditions d’études des élèves, dégradations des conditions de travail des personnels, pressions multiples de la hiérarchie pour imposer des heures supplémentaires, remplacer un collègue à l’improviste, faire des projets pour essayer de recueillir quelques miettes d’heures ou d’euros pour pouvoir travailler correctement .
Régulièrement la presse se fait l’écho d’incivilités et d’actes de violence dans les établissements. Chaque fois les personnels réclament surveillants, infirmière, assistante sociale, médecin scolaire, psychologue scolaire. La réponse sécuritaire d’installation de caméras ne répond pas aux besoins exprimés. D’après Eric Debarbieux, président de l’Observatoire de la violence à l’école, « des études ont prouvé l’inefficacité de la vidéosurveillance pour faire baisser la violence. La vidéosurveillance permet simplement de diminuer les dommages aux biens, à condition qu’il y ait des gens derrière ». C’est une évidence mais il semble nécessaire de le rappeler : il faut des adultes dans les établissements. Toutes les catégories de personnels sont nécessaires, leurs missions ne sont pas interchangeables. Chacun a son rôle en matière de présence physique, de surveillance, de prévention, d’écoute, d’éducation et d’orientation.
Comme un serpent de mer, la menace de suppression des allocations familiales est aussi de retour comme LA solution à l’absentéisme scolaire. Dans une société où la vie devient de plus en plus dure, où l’avenir apparaît bouché, où le chômage et la précarité des jeunes sont galopants, la seule réponse du gouvernement et de sa majorité parlementaire est la répression avec une mesure qui n’apportera aucune solution mais stigmatisera les jeunes et aggravera la situation financière des familles les plus modestes. La confiance et l’accompagnement des familles et des jeunes doivent être restaurés. Cela nécessite le retour à des conditions de vie, d’accès à l’emploi, de salaires et de droits sociaux dignes de notre époque où les richesses foisonnent grâce aux progrès scientifiques et techniques mais où seuls quelques privilégiés en retirent les fruits.
Parmi l’arsenal répressif, un énième fichier informatique serait en préparation pour recenser les « décrocheurs ». La CGT s’oppose à la multiplication de toutes ces bases informatiques qui portent atteinte à la liberté individuelle et qui réduisent l’individu à quelques cases cochées. Il est, d’autre part, très dangereux de fusionner sans précautions des informations d’origines différentes. Pour l’Éducation nationale, l’université, les centres d’apprentis ou l’AFPA, le terme de décrochage reflète des réalités très différentes. L’affichage d’objectifs de réussite pour la jeunesse du pays n’est crédible que si l’Etat, les régions engagent une authentique politique globale d’actions cohérentes de lutte contre l’échec scolaire ; l’ambition doit être de s’attaquer aux causes réelles des ruptures de formation subies par la jeunesse, pour garantir à tous le Droit à l’Education et à la Formation permanentes. Les inégalités sociales restent le principal frein source de discriminations.
Une prise en charge qualitative des enfants grâce à des modes d’accueil de qualité, des structures d’éducation, de formation et d’insertion dotés des moyens humains, financiers et organisationnels nécessaires permettront de former et d’éduquer des hommes, des citoyens et des travailleurs qualifiés. L’accès pour tous les jeunes à des activités culturelles sportives et de loisirs, le droit à de vraies vacances sont aussi sources de découverte et d’épanouissement. De nombreuses solutions qui placent l’enfant dans une dynamique de construction sont connues mais elles exigent des moyens aujourd’hui pour assurer l’avenir demain.
La CGT Educ'action Bretagne siege dorénavant au Conseil consultatif de la Formation Continue. Celui-ci s'est réuni le mardi 4 mai à Rennes.
A lire ci-dessous les questions que nous avons posées au Recteur et le compte rendu de la réunion
Objet : Conseil Consultatif de la Formation Permanente du 4 mai 2010 / Question Diverses.
Monsieur le Recteur,
Au nom de l’Ursen-CGT de Bretagne, j’ai l’honneur de vous transmettre des questions posées par les personnels des GRETA ainsi que par notre organisation syndicale.
Elles concernent la situation faite aux salariés, la mise en place du logiciel PROGRé et l’avenir des GRETA dans un cadre de concurrence généralisée.
1/ CONTRATS, REMUNERATION ET MANAGEMENT DES SALARIES
La situation des salariés des GRETA apparaît spécialement préoccupante en ce qui concerne certains contrats, la rémunération des heures et le management.
A / LES CONTRATS A 70 %
Les contrats à 70% entraînent de la précarité, génèrent des salariés pauvres et créent une discrimination sexiste. Ce sont en effet des femmes qui sont principalement concernées. Un salaire de 800 € pour élever seule 2 ou 3 enfants ne permet pas de vivre.
En tant qu’employeur, l’Académie de Rennes a une responsabilité sociale. Pourquoi limiter ces contrats à cette quotité de 70% ? Peut-on tolérer que, même non titulaires, des fonctionnaires subissent un temps partiel non choisi et ne puissent en conséquence pas même percevoir un modeste SMIC ?
Les besoins sont réels, pourquoi ne pas envisager des temps complets ?
B/ LA REMUNERATION
Le plus grand arbitraire règne sur la rémunération des salariés des GRETA. Pour certaines actions, ils sont payés heure pour heure (FFP). Pour d’autres seulement à 0.46 pour une heure (AA). En prestation « Pôle Emploi », la prise en charge d’un groupe est rémunérée à 0.46 du salaire horaire. Les salariés signalent des retards importants, voire des « oublis » de paiement d’heures faites.
Ne serait-il pas possible de parvenir à des règles justes et claires concernant la prise en compte des heures et leur rémunération ?
Le salaire des contractuels en CDI stagne. Certains sont au même indice depuis de très nombreuses années.
Ne pourrait-on envisager une progression des rémunérations pour les salariés en CDI ?
C/ LE MANAGEMENT
Nos différents contacts avec les agences font apparaître un flou proche de la désorganisation dans la gestion des actions de formation. Un salarié peut se voir signifier le vendredi l’annulation d’une action prévue le lundi suivant. Angoisse : la semaine est perdue. Dans le cadre de l’annualisation, comment mettre à jour son compteur d’heures ? Cette incertitude insécurise les salariés et crée de la souffrance au travail.
Quelles mesures comptez-vous prendre pour mettre fin à ces situations et au préjudice qu’elles causent aux salariés ?
2/ PROGRé
La charge de travail explose avec la refondation des GRETA. S’ajoute à cela la mise en route de PROGRé. Ce logiciel de gestion centralisée exige que tous les éléments soient parfaitement renseignés. C’est une charge de travail importante pour les agences.
Elle entraine un stress croissant des équipes. Deux CFC du Finistère sont en arrêt de travail. Dans les agences, le personnel administratif est "au bout du rouleau". Des démissions sont dans certains cas envisagées.
De plus ce surcroît de charge fait que certaines fonctions importantes pour le développement des Greta ne sont plus suffisamment assurées, en particulier l’assistance commerciale.
Ce progiciel est très critiqué. Il est inadapté à la formation continue… mais on continue à investir de l'argent (équipement informatique, réseau, mise à jour logiciel...) pour un résultat qui est loin d’être ce que l'on attendait. Sans personnel dédié, il crée une charge de travail trop importante sans assurer la clarté de gestion escomptée.
Quelles solutions envisagez-vous de prendre pour mettre fin à cette situation préoccupante ?
3/ L’AVENIR DES GRETA
Le personnel s'interroge sur l'avenir des Greta et sur la pérennité des emplois.
Quelle place, quelle complémentarité, quelle situation de concurrence avec l'AFPA ?
La Région ouvre désormais les marchés publics aux entreprises privées. Le prix de revient devient le premier critère de choix.
Dans ces conditions, quel avenir le service public de la formation continue conserve-t-il ?
Les chômeurs, c’est ainsi qu’ils se désignent eux-mêmes sans langue de bois technocratique, protestent contre l’exploitation de ce marché que constituent désormais pour certaines entreprises les salariés privés d’emploi.
Ne conviendrait-il pas de revenir à un vrai service public, garant de l’intérêt général, de celui de ses salariés et de ses usagers ?
Toutes ces questions suscitent de graves inquiétudes. Des réponses doivent être apportées aux salariés des GRETA qui, tout en ayant le sentiment de beaucoup donner et de peu recevoir, subissent de plein fouet la règle du moins disant.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Recteur, mes respectueuses salutations.
Pour l’URSEN-CGT
François-Philippe LECOULANT
Compte rendu du Conseil consultatif de la Formation Continue
Rennes, le 4 mai 2010,14H-17H.
Contrairement au précédent conseil boycotté par les tous les syndicats sauf l’UNSA un en raison de son absence, le recteur préside. Il ouvre la séance, rappelle le cadre concurrentiel de l’activité des GRETA et ne prend pratiquement plus la parole jusqu’à la clôture. La FSU fait une déclaration préalable, la CGT a envoyé des questions écrites.
M. Meyriaux, délégué académique à la Formation Professionnelle Initiale et Continue (DAFPIC), lit les différents rapports et répond aux interventions en s’appuyant sur ses spécialistes.
Le DAFPIC se félicite de la progression du chiffre d’affaire. Cela démontre pour lui que la fusion des GRETA n’a pas eu de conséquences fâcheuses. Il souligne les économies d’échelle et les synergies rendues possibles par la fusion. L’affichage des compétences et expériences des personnels serait de plus en plus nécessaire à l’obtention des marchés par appel d’offre.
Il dénonce la rumeur de constitution d’un GIP pour structurer les GRETA. Selon lui, la discussion est toujours en cours. Rien n’est encore décidé.
A notre question concernant les rémunérations, il nous est répondu que les grilles B et C pourraient être débloquées. Les contrats à 70% seraient rendus inévitables par la loi de 84. L’Administration concède l’injustice de la situation mais se déclare impuissante. Les personnels sont invités à engager une démarche de VAE afin d’être intégrés en catégories A, qui permet des contrats à 100%. Les 70% sont toutefois «CDIsables » dans cette quotité.
Des proviseurs expliquent qu’un document précisant la rémunération en FFP ou en AA a été élaboré. Il devrait permettre de clarifier les conditions de rémunération.
M. Lamprière fait le point sur les personnels des GRETA, il commente des diapos PowerPoint sur papier. Sur la période 2008-2009, 205 enseignants, 140 administratifs, diminution des emplois gagés, augmentations du nombre de contractuels, progression des embauches d’administratifs à 70%, progression des embauches d’administratifs en catégorie A. Une centaine de CDI sur le réseau breton. Le rectorat se propose de développer une « culture d’entreprise » Education Nationale.
Notre question concernant le management, avec à Brest la suppression d’une action de formation du vendredi au lundi, laisse l’Administration sans voix. Nous insistons sur le caractère brutal de telles pratiques.
PROGRé, progiciel GRETA, fait l’objet d’une longue discussion. L’Administration souligne ses attentes et la nécessité de sa mise en place. Le stress que nous dénonçons est mis sur le compte de « la résistance au changement ». Une agent-comptable présente confirme cependant les difficultés : manque de souplesse, difficultés d’accès et de manipulation d’un logiciel peu intuitif, problèmes dus aux défaillances de connexion internet, manque d’interlocuteurs en « hot line ». Les techniciens présents rappellent qu’ils sont prêts à répondre aux demandes d’assistance.
Pour l’administration, l’avenir des GRETA est au développement dans toutes les directions possibles. Il convient de répondre à toutes les demandes, y compris à celle de Pôle Emploi concernant les chômeurs. Nous rappelons les manifestations de chômeurs contre l’autoritarisme croissant dans l’injonction de retour au travail.
Un point est fait sur la VAE dans l’académie.
Les mesures de carte sur poste gagé permettent de bénéficier des mêmes avantages que pour les autres postes d’enseignant.
Le recteur clôt la séance en constatant la « densité » des débats.
Pour conclure ce compte-rendu CGT : beaucoup de questions sans réponse, une certaine désinvolture envers les personnels. Il faudra monter au créneau !
Pour l’URSEN CGT,
François-Philippe LECOULANT