resf

Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 22:55

resfsigner la pétition

Communiqué de presse de RESF

 

Le 3 décembre 2010, et après une première audience qui s'est tenue le 16 septembre, quatre militant-e-s de la cause des Sans-Papiers comparaîtront devant le Tribunal correctionnel de Tours sur plainte de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur.

 

Les quatre prévenu-e-s, (Jean-Christophe Berrier et Muriel El Kolli, du Collectif Soif d'Utopies, ainsi que Abd-El-Kader Aït-Mohamed et Chantal Beauchamp, du RESF37) sont accusés par le ministre de « diffamation publique contre une administration publique ».

 

En cause, un communiqué de presse daté du 12 février 2010 intitulé Les Baleiniers, dans lequel les deux organisations alertaient l'opinion sur les soupçons qu'ils avaient de l'utilisation du fichier scolaire « Base-Elèves » pour le repérage des enfants sans-papiers et de leurs parents.

Ces forts soupçons reposaient sur des témoignages locaux, ainsi que sur les circonstances dans lesquelles s'étaient déroulées, dans les semaines précédentes, des arrestations de Sans-Papiers en Ille-et-Vilaine et en Guyane.

 

Les signataires du communiqué du 12 février comparaient ces méthodes de « chasse aux enfants » pour pouvoir expulser les parents à celles utilisées autrefois par les chasseurs de baleines – et pratiquées sous l'Occupation.

 
 

Le Réseau Education Sans Frontières s'insurge contre cette utilisation des tribunaux pour tenter de museler les protestations qui montent dans notre pays contre la politique du chiffre et les expulsions massives au mépris des droits humains.

 

Il affirme son soutien aux quatre prévenu-e-s de Tours, dont le but était d'alerter l'opinion sur des dérives administratives dangereuses pour les libertés.

 

Il demande la relaxe pour les 4 de Tours, et invite toutes et tous à signer en ligne la pétition en ce sens : http://baleiniers.org/la-petition

 
Par sden29 - Publié dans : resf
Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 13:12

rock sans papier


Signez et faites signer l'appel sur le site  de rock sans papiers

 

Nous, auprès des artistes, musiciens, comédiens, réalisateurs, écrivains, plasticiens, professionnels de la musique, du spectacle, du cinéma, de l’information, de la culture, des scientifiques et universitaires, des personnalités associatives, syndicales et politiques, avec la majorité des citoyens français, nous déclarons solidaires des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays.

 Nous refusons que des enfants, souvent nés et scolarisés en France, soient expulsés avec leurs parents vers des pays qu’ils ne connaissent pas ou plus et dont certains ne parlent même pas la langue.

 Nous refusons que des parents soient arrêtés, menottés, rudoyés, humiliés et enfermés dans des Centres de Rétention Administrative sous les yeux de leurs enfants.

 Nous refusons que des familles parce qu’elles n’ont pas de papiers soient séparées, le père brutalement expulsé à des milliers de kilomètres tandis que la mère et les enfants restent ici, souvent dans la misère et traumatisés à vie.

 Nous refusons que des travailleurs, qui bien souvent exercent leur métier dans des conditions pénibles, car sans droit, dont la plupart cotisent (retraites, maladie, chômage...) et paient des impôts en France vivent en permanence dans la peur et la clandestinité.

 Nous refusons les lois Besson sur l’immigration qui bafouent le droit d’asile français et font honte au pays des Droits de l’Homme.

Comme certains l’ont fait en d’autres périodes de l’histoire, en accord avec les principes du droit international qui protègent les migrants, en accord avec les droits de l’homme et de l’enfant, comme avec les valeurs universelles de fraternité, d’égalité, de liberté et d’accueil de notre République, nous appelons à résister à ces pratiques indignes et inhumaines.

 

banniere

Par sden29 - Publié dans : resf
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 21:27
Par sden29 - Publié dans : resf
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 00:15

Une journée banale en France.

Mohamed Abourar est un élève scolarisé dans mon lycée, où je suis enseignante. Je ne l’ai pas en cours comme élève. J’ai d’autres élèves, certains sont « sans-papiers », comme lui. Mais ils ont tous un avenir. Il est comme tout élève faisant partie de notre communauté éducative.

Nous sommes enseignants pour les aider tous à s’accomplir scolairement, professionnellement, socialement.

Mohamed a 18 ans. Il est arrivé en France à l’âge de 13 ans avec son père. Il a engagé une procédure administrative de régularisation à sa majorité. Il prépare son Bac professionnel. C’est un élève exemplaire qui prouve chaque jour son sérieux et sa maturité.

Il a été arrêté jeudi 17 janvier suite à un contrôle d’identité. Il effectuait alors son stage en entreprise. Il a été placé en garde à vue, puis en centre de rétention. Il risque d’être expulsé du territoire français.

Ce jeudi 21 janvier 2010, 13h15, nous l’attendons dans la petite cour pavée. Il est plutôt joli ce bâtiment, pour un tribunal.

Je fume ma troisième cigarette lorsque les éducateurs et le père de Mohamed arrivent. Les mains se serrent, les regards sont anxieux, les sourires forcés. Quelques mots de présentation. Et tout le monde se replonge dans ses pensées.

Je ne les connais pas ces gens, et pourtant nous sommes là pour le soutenir, le défendre, ensemble. Je me demande à quoi ressemble Mohamed. Je croise tous les jours 480 élèves au lycée. Je l’ai forcément croisé, je lui ai forcément dis bonjour un jour.

Et puis il arrive. Trois personnes menottées, encadrées chacune par deux policiers qui les maintiennent et les font avancer. Et je le reconnais lui ; oui, ses yeux, ses sourires, je me rappelle, dans le hall du lycée, dans les escaliers, dans la cour.

Il traverse aujourd’hui une autre cour, en baissant la tête. Il nous aperçoit alors, nous sourit, à son père, ses profs, ses éducateurs. Chacun notre tour nous lui disons « bonjour Mohamed », mais il ne s’arrête pas, il doit continuer à avancer. Il doit monter les escaliers, rentrer dans le bâtiment, s’asseoir derrière cette barrière, là sur ce banc à l’écart de tous et de tout, cerné par les policiers.

Nous restons dehors, incapables de bouger sur le moment. Une collègue s’effondre en larmes. La vision de notre élève menotté, encadré par les policiers comme un criminel, cela je ne peux l’intégrer ni l’accepter. Il nous faudra plusieurs minutes avant de retrouver du courage, le courage de Mohamed, pour pouvoir rentrer à notre tour la tête haute, pour lui donner à notre tour les sourires et l’espoir, derrière cette barrière, sans pouvoir l’approcher.

L’avocate arrive. Elle s’entretient avec le greffier. Nous informe que Mohamed passera en deuxième audience. Nous demande d’entrer dans la première salle d’audience et de nous installer regroupés.

Les trois « prévenus » arrivent ensuite. On leur a enlevé les menottes. Ils s’assoient de l’autre côté.

Chaque minute d’attente est trop longue. Je l’observe. Son regard est perdu quelque part dans le vide, droit devant lui.

Le greffier annonce la juge, nous nous levons.

« Affaire .....n°..... » . Un homme mauritanien se lève et s’avance, prend place debout à
côté de son avocat. La juge présente le dossier. Nous n’entendons rien, les micros ne


fonctionnent pas. L’avocat parle à son tour, puis c’est le tour du commissaire représentant le préfet.

« Affaire ABOURAR Mohamed ...n°....” . Mohamed se lève et rejoint son avocate. La juge parle, on n’entend toujours rien. L’avocate s’exprime, puis le commissaire, puis l’avocate.

« Affaire .....n°.... ». Un homme palestinien s’avance.......

La juge se retire pour 10 minutes afin de délibérer.

Les minutes sont toujours aussi longues. Le soleil est de la partie, il traverse les grandes vitres à droite, et se pose sur nos têtes, nous voile la vue. Ma main en visière, j’essaie d’apercevoir Mohamed, il s’entretient avec une policière, il sourit. La policière vient dire à son père que Mohamed veut lui parler.

Je les observe dans le soleil, le père et le fils.

Nous demandons à la policière, une collègue et moi, à lui parler. Elle accepte, mais nous n’aurons pas le droit de lui serrer la main. Les premiers mots sont difficiles, mais son sourire fait le reste. Nous lui disons que quoi qu’il arrive nous resterons mobilisés, que nous soulèverons des montagnes, que nous sommes tous avec lui, le lycée, les profs, les élèves. Il ne me connaît probablement que de vue, même pas de nom, mais il me fixe de ses yeux, il me dit que ça l’encourage et l’aide à tenir, il nous dit merci d’être là, et merci tout court.

La juge revient. Elle s’assoit. Elle annonce que les requêtes pour les affaires .... et ABOURAR sont rejetées. Elle se relève aussitôt et ressort immédiatement de la salle d’audience sans plus de commentaire.

Le coup est tombé. J’ai dû mal comprendre, c’est allé tellement vite. Je regarde mes collègues, je regarde Mohamed. Je ne comprends plus rien, plus rien à cette justice. Mohamed est stoïque, il ne semble pas réagir. Nous non plus. Le silence est là, il persiste, aucun mot ne peut sortir.

Les policiers font se relever les trois hommes venus comparaître, ils sont en train de les faire sortir de la salle. Vite, vite, on se lève, on dit bien fort à Mohamed que ce n’est pas fini, qu’on est là, qu’on reste là avec lui, qu’il tienne bon.

Une autre collègue pleure. Je lève les yeux au plafond et regarde en l’air, il paraît que cela évite aux larmes de tomber sur les joues.

Nous sortons à notre tour de la salle d’audience. Mohamed est retourné sur son banc derrière la barrière. Nous restons là, nous voulons lui montrer que nous serons là jusqu’au bout. Je cherche à croiser son regard, mais il regarde son père. Et puis l’espace d’un bref instant, j’ai ses yeux, je lui donne mon sourire et toute ma force.

Ils ressortent du bâtiment comme ils sont venus, menottés, maintenus, encadrés par les policiers.

Nous applaudissons très fort ces policiers, et longtemps, jusqu’à ce qu’on nous dise de repartir, nous applaudissons très fort à cette justice injuste.

Mes mains rougies ont aussi applaudi très fort à ton courage Mohamed, et j’applaudirai encore très fort demain au lycée pour que tu entendes mon soutien. Et j’applaudirai encore plus fort, s’il le faut, à l’aéroport, pour que tu saches que nous ne t’abandonnerons pas. Que la France ce n’est pas que cela.

Collectif de soutien à Mohamed Abourar

Par sden29 - Publié dans : resf
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 00:06

COMMUNIQUE de la réunion nationale RESF assemblée à Metz les 23 et 24 janvier

 

23 janvier 2009

Mohamed ABOURAR, 18 ans et quelques mois, élève du lycée Valmy à Colombes a été expulsé ce matin vers le Maroc. Son père, qui  a une carte de résident, l'avait fait venir à 13 ans et quelques mois pour qu'il bénéficie d'une formation. L'expulsion de son fils est une belle récompense pour cet homme qui travaille en France depuis 1977 !
Mohamed avait été interpellé dimanche dernier à Paris. Expulsé en moins d'une semaine ! Des lycéens d'un établissement de Villeneuve sur Lot avait parlé de "fast deportation" après l'expulsion express d'un de leur camarade. L'expression s'applique pleinement ici.
Comme c'est trop souvent le cas dans les affaires que le ministère considère comme sensibles, il joue de l'insinuation et de la calomnie. Mohamed est accusé d'avoir proféré des "mences de mort caractérisées " à l'encontre d'un policier. Un gamin de 18 ans, peut-être menotté, dans un commissariat, menaçant un policier... l'affaire a  semblé suffisamment surprenante, peut-être même ridicule, au procureur pour qu'il décide de ne pas poursuivre le "délinquant". Cet acharnement contre un tout jeune homme que ses enseignants et des éducateurs sont unanimes à dire "très sérieux" est incompréhensible. En réalité l'explication réside peut-être dans les souvenirs de M. Sarkozy. Fin 2006, il avait fait expulser Suzilène, alors élève du lycée Valmy, malgré la mobilisation de ses camarades et de ses enseignants. Les manifestations n'avaient pas cessé pour autant. Les élèves ayant appris la présence de M. Sarkozy au Conseil général des Hauts-de-Seine, ils s'y rendirent en manifestation, finirent par être reçus et arrachèrent au candidat Sarkozy le retour de Suzilène. Alors, l'expulsion de Mohamed serait-elle la vengeance du Président ?
Quoi qu'il en soit, la partie n'est pas finie. Taoufik, lycéen de Malakoff expulsé en août 2008, est revenu en avril 2009 grâce à l'action de ses profs, de ses camarades et de toute la ville. L'élève Mohamed Abourar reviendra. La bataille de Valmy ne fait que commencer !

Contacts

Richard Moyon (Hauts de Seine) 06 12 17 63 81
Boubacar Mazari  (Colombes) 06 45 65 75 60
Isabelle Mire (Metz) 06 71 75 08 48
Catherine Tourier (Lyon) 06 81 51 81 44
Brigitte Wieser (Paris) 06 88 89 09 29

Par sden29 - Publié dans : resf
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