Le blog du sden29
La prise en charge des élèves en difficulté est au moins dans le discours un cheval de bataille du gouvernement. Mais la réalité sur le terrain est tout autre : ce qui s’est passé à Quimperlé à la SEGPA du collège de la Villemarqué cette semaine en est la démonstration.
La presse s’est fait l’écho du refus des enseignants de cet établissement d’accueillir une élève supplémentaire en classe de troisième de SEGPA. Cette inscription aurait fait passer la classe à 17 élèves alors que les textes indiquent que les effectifs ne devraient pas dépasser les 16 élèves.
D’aucuns diront, mais qu’est-ce une élève de plus ? Elle est dans l’établissement et vous lui refusez la possibilité de suivre une scolarité à laquelle elle a droit. Cette position est insupportable. Pensez à cette enfant.
Que les parents de cette élève s’expriment ainsi sous le coup de l’émotion est une chose, mais que l’administration du collège et l’Inspection académique instrumentalisent l’émotion en montrant du doigt les enseignants pour masquer les réductions budgétaires auxquelles sont soumises les SEGPA en est une autre.
L’URSEN-CGT et le SDEN-CGT 29 tiennent à rappeler que sciemment depuis plusieurs années les capacités d’accueil en SEGPA ont été réduites par l’Inspection académique : Elles sont passées à 64 élèves au lieu de 96 pour bon nombre d’entre elles.
Les motifs invoqués par l’administration pour procéder à ces réductions ne prennent jamais en compte l’intérêt de l’élève, mais mettent en avant le fait que le département du Finistère se situait au dessus de la moyenne nationale et que les effectifs des classes baissaient.
La Villemarqué vient démentir ce dernier argument : les classes font déjà le plein.
Il devient dès lors impossible pour maintenir les pratiques pédagogiques adaptées au public scolaire en grande difficulté d’accueillir tous les élèves qui le devraient. La responsabilité en incombe à l’inspection académique et non aux enseignants soucieux de continuer les missions qui leurs sont confiées et d’accompagner au mieux les élèves dont ils ont la charge.
Les enseignants de La villemarqué, soutenus par l’association des parents d’élèves (FCPE) ont fait connaître leur opposition à l’inscription du 17ième élève. L’Inspection académique a fait la sourde oreille et a choisi de passer en force avant de revenir en arrière.
Cet épisode illustre bien la politique régressive du gouvernement en matière d’éducation où seule prévaut les économies dans le contexte général des suppressions de postes (13 500 à la rentrée 2009).
Pour le droit à l’éducation de tous les enfants quelques soient leur situation ou leurs difficultés, il faut une volonté politique et des moyens L’éducation ne se traite pas à l’émotion, l’éducation ne se gère pas comme une marchandise. Elle doit prendre en compte les besoins des populations et notamment ceux des élèves les plus fragiles.
Ci dessous le communiqué de presse des enseignants du comllège de la Villemarqué :
Les syndicats SUD éducation29, SNUIPP29,SNALC, CGT, SNES et FO soutiennent les enseignants du collège de la Villemarqué qui ont suspendu les cours pour refuser l'augmentation de l'effectif d'une classe de la Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté.
Une dix-septième élève a été intégrée alors que comme l'indique la CIRCULAIRE N°2006-139 DU 29-8-2006 « Compte tenu de la spécificité de la SEGPA et du public qui y est scolarisé, chaque division ne devrait pas excéder 16 élèves. »
Les élèves de SEGPA souffrant déjà de difficultés spécifiques ne doivent pas être pénalisés par des effectifs trop lourds pour que l'enseignant puisse assurer le suivi individuel dont ils ont besoin.
Solidairement, les enseignants du collège de la Villemarqué avec le soutien des parents n'ont pas dispensé de cours ce lundi 12 janvier 2009 assurant cependant la surveillanceet la prise en
charge des élèves, ce qui ne constitue pas une grève.
Les enseignants ne sont pas responsables de la déscolarisation des élèves en surnombre. Ils peuvent seulement agir collectivement pour l'ouverture de classes supplémentaires et pour que d'autres élèves ne revivent pas cela.
À l'heure où le gouvernement réaffirme la suppression de 13500 postes dans l'éducation nationale, nous demandons des moyens supplémentaires pour pouvoir accueillir tous les élèves et permettre
aux enseignants comme aux élèves de travailler dans des conditions décentes.