Le blog du sden29

 

 

Déclaration au CSE du 1er juillet 2010 au nom

de la CGT et de la CGT Educ’action


Si l’Éducation nationale est incapable d’évaluer parmi ses personnels le nombre de travailleurs handicapés, on peut affirmer que, parmi les membres du gouvernement, le taux de 6 % doit être  largement dépassé car une épidémie de cécité et de surdité semble les frapper, les empêchant de voir et d’entendre les 2 millions de manifestants qui ont exprimé le 24 juin leurs revendications en matière d’emploi, de salaire et de retraite.

Les règles de calculs successives utilisées à l’Education nationale pour évaluer le taux de grévistes n’avaient qu’un objectif, minimiser ce taux. Malgré cela, les personnels grévistes sont toujours très nombreux. Certains rectorats ont donc choisi le « black out » et refusent maintenant de communiquer officiellement les taux de grévistes aux organisations syndicales. Les atteintes au droit de grève se multiplient aussi : des enseignants du 1er degré se voient menacés de grève illégale alors qu’ils ont bien fait parvenir leur intention de faire grève dans les délais, un éducateur d’EREA passe en conseil de discipline et est sanctionné parce qu’il a osé faire grève, des personnels techniques en informatique reçoivent des injonctions de reprendre le travail avec des menaces de sanction disciplinaire. La CGT fera respecter les droits et libertés syndicales, en particulier le droit de grève, y compris auprès des tribunaux compétents.

 

Toutes les décisions sont prises dans la précipitation, sans réflexion à grand renfort de communication médiatique dispendieuse, quand dans le même temps des chroniqueurs et humoristes se voient remerciés car le respect de la liberté d’expression, le droit à l’impertinence, l’indépendance des journalistes sont remis en cause.

 

Alors que la « cagnotte » pour lutter contre l’absentéisme vient d’être abandonnée par l’académie de Créteil, le Parlement a adopté une loi pour supprimer les allocations familiales en cas d’absences répétées. Au lieu d’engager une vraie réflexion sur les causes des absences, sur la souffrance des jeunes à l’école et sur leurs stratégies d’évitement, le gouvernement choisit de sanctionner les familles les plus démunies.

 

Quand le jeune aura quitté définitivement le système scolaire, il sera maintenant fiché comme décrocheur s’il n’a pas obtenu de diplôme. La CGT s’oppose à la création de tout fichier informatique qui contient des données personnelles et porte atteinte aux droits et libertés individuelles, d’autant que les destinataires et utilisateurs du fichier ne sont pas clairement identifiés. Il est un peu facile de « refiler » la liste des soi-disant décrocheurs à d’autres alors qu’aucun moyen de prévention ou de remédiation n’est mis en place.

D’autre part, les différents organismes : éducation nationale, université, AFPA, centre d’apprentissage, MGI, pôle emploi ne donnent pas la même définition au décrochage. L’éducation nationale est-elle capable d’évaluer et d’identifier les jeunes scolarisés ou étudiants dans les pays frontaliers ? Ne seront-ils pas déclarés décrocheurs sans en être informés alors qu’ils suivent une formation à l’étranger ?

Dans de nombreuses académies, faute d’un nombre de places suffisant, les sortants de terminale BEP n’ayant pas obtenu le diplôme  ne seront pas accueillis en 1ère pro, il leur sera peut être proposé une 2nde pro mais ils ne seront pas prioritaires. L’Éducation nationale, qui s’apprête à sacrifier une génération de jeunes, aura-t-elle le culot de les déclarer décrocheurs ?

 

Dans l’arsenal répressif, il y aurait maintenant modification des procédures disciplinaires. Alors que le texte actuel fait bien la distinction entre punition et sanction, ce qui permettait une gradation en fonction des faits, il y aurait maintenant automaticité des procédures. Avec quels moyens humains sera organisée la prise en charge des élèves exclus ponctuellement de cours si ça devient systématique pour chaque écart de langage ?  Quand aux mesures d’utilité collective, quelle sera la responsabilité des personnes qui encadreront ces travaux ? Quels moyens, quels financements pour assurer d’éventuels partenariats avec des associations ou des collectivités territoriales ? Les personnels de vie scolaire en nombre insuffisant et dont la grande majorité est non titulaire, de droit public ou privé, seront en première ligne mais ils ne feront pas de miracle ! La CGT aussi demande le retrait du texte.

 

Un grand nombre de textes aujourd’hui concernent les nouveaux programmes du lycée.

La réforme du lycée conjuguée à la réforme de la formation des enseignants et aux suppressions massives d’emplois, se met en place dans les pires conditions. L’affectation des sortants de 3ème se fait sans transparence. Lors de l’inscription en lycée, les jeunes découvrent que des enseignements d’exploration ou des options pourtant affichés dans les brochures n’existent pas. Ils devront choisir autre chose ou peut être aller suivre ces enseignements dans un autre établissement. Le changement de tous les programmes simultanément pose des problèmes de renouvellement des manuels. Ni les familles, ni les associations de parents d’élèves ne peuvent financer l’ensemble des collections pour des manuels qui seront au mieux disponibles à la Toussaint au format papier. La mise à disposition transitoire de versions informatiques par certains éditeurs ne garantit pas l’accès par tous les élèves.

 

La consultation sur les nouveaux programmes une fois encore s’est faite dans la précipitation. Pour de nombreuses disciplines, seul le programme de 1ère était en consultation. Or il est important de voir l’ensemble de la progression sur le cycle terminal. Il manque aussi les modes d’évaluations prévus pour le bac. Les programmes d’histoire géographie et de SES ont fait l’unanimité contre eux mais le ministère semble ignorer les nombreuses remarques. Difficile en effet pour les experts de SES d’étudier sérieusement les critiques entre le 16 juin date limite de la consultation et le 21 juin date de transmission des textes aux membres du CSE. Les quelques rares retouches en pointillé ne répondent pas aux demandes et aux attentes des personnels. En sciences, il est utopiste de croire qu’il suffit de mettre des thèmes communs entre les séries littéraires, économiques et scientifiques pour permettre aux élèves de passer facilement d’une série à l’autre avec quelques heures de stages pendant les vacances.

 

Alors que tous les nouveaux personnels d’enseignement et d’éducation devront maintenant avoir et un master et une compétence en langue et une compétence en informatique, certains recteurs pourraient être recrutés sans condition de diplôme sur des compétences d’administrateur. Aujourd’hui, les universités ont de grandes difficultés pour concevoir les maquettes pour les PLP d’enseignement professionnel. Un artisan couvreur ou peintre, un ouvrier qualifié en mécanique automobile, un restaurateur qui voudraient transmettre leur savoir faire professionnel auront finalement plus de difficulté à être titularisés PLP que certains administrateurs à devenir recteurs.

Mar 6 jui 2010 Aucun commentaire